Entreprises de transport
Temps de conduite et de repos : les obligations de l'entreprise de transport envers ses conducteurs
Par L'équipe Casse-Croûte · · 16 min de lecture

Illustration originale Casse-Croûte (libre de droits, créée pour ce site).
Les règles sur les temps de conduite et les temps de repos ne concernent pas que le conducteur. L'entreprise de transport en est elle aussi responsable : c'est elle qui organise le travail, fixe les tournées, fournit le chronotachygraphe, contrôle les données et, dans certains cas, paie l'hébergement de ses chauffeurs. Une infraction relevée sur la route peut ainsi engager la responsabilité de l'employeur.
Ce guide fait le point sur les obligations de l'entreprise issues du règlement (CE) n° 561/2006, du règlement (UE) n° 165/2014 sur les tachygraphes et du droit français du temps de travail des salariés roulants. Il ne remplace pas un conseil juridique : en cas de doute, référez-vous aux textes officiels, à votre organisation professionnelle ou aux services de contrôle.
Le cadre réglementaire en un coup d'œil
Trois niveaux de règles
- Le règlement (CE) n° 561/2006 fixe les durées maximales de conduite, les pauses et les repos pour les véhicules de transport de marchandises de plus de 3,5 tonnes (et, depuis le 1er juillet 2026, de plus de 2,5 tonnes en transport international ou en cabotage).
- Le règlement (UE) n° 165/2014 encadre le tachygraphe : installation, utilisation, contrôle, conservation des données.
- Le droit national encadre le temps de travail des salariés (directive 2002/15/CE, transposée dans le Code des transports) : durée maximale de travail, pauses, travail de nuit.
La synthèse officielle de l'Union européenne sur la durée de conduite et les temps de repos dans le transport routier et la page du ministère sur le temps de travail des conducteurs routiers de marchandises sont de bons points d'entrée.
Le « paquet mobilité »
Le règlement 561/2006 a été modifié en 2020 par le paquet mobilité. Parmi les changements qui concernent directement l'employeur : l'interdiction du repos hebdomadaire normal en cabine, l'obligation d'organiser le retour régulier du conducteur, et l'extension progressive des règles aux véhicules utilitaires légers en transport international.
Rappel des règles que l'entreprise doit permettre de respecter
D'après le règlement (CE) n° 561/2006 et la fiche de l'Autorité européenne du travail :
| Règle | Limite |
|---|---|
| Conduite continue | 4 h 30, puis pause de 45 min (ou 15 + 30) |
| Conduite journalière | 9 h, portée à 10 h deux fois par semaine |
| Conduite hebdomadaire | 56 h |
| Conduite sur deux semaines consécutives | 90 h |
| Repos journalier normal | 11 h (ou 3 h + 9 h) |
| Repos journalier réduit | 9 h, au maximum 3 fois entre deux repos hebdomadaires |
| Repos hebdomadaire normal | 45 h |
| Repos hebdomadaire réduit | 24 h minimum, avec compensation |
| Début du repos hebdomadaire | au plus tard après six périodes de 24 h |
La compensation du repos hebdomadaire réduit
Sur deux semaines consécutives, le conducteur doit prendre au moins deux repos hebdomadaires normaux, ou un normal et un réduit. La réduction doit être compensée par une période de repos équivalente, prise en bloc avec un autre repos avant la fin de la troisième semaine suivant la semaine concernée. Le suivi de ces compensations incombe en pratique à l'exploitation : un tableau de suivi ou un logiciel d'analyse des données tachygraphiques est quasi indispensable.
Obligation n° 1 : organiser le travail pour permettre le respect des règles
L'article 10 du règlement
L'article 10 du règlement (CE) n° 561/2006 est le cœur des obligations de l'employeur. Il prévoit notamment que l'entreprise :
- organise le travail des conducteurs de manière qu'ils puissent respecter les règles de conduite et de repos ;
- donne des instructions appropriées aux conducteurs ;
- effectue des contrôles réguliers pour s'assurer que les règles sont respectées ;
- est tenue responsable des infractions commises par ses conducteurs, même sur le territoire d'un autre État, sauf si elle démontre qu'elle ne peut raisonnablement en être tenue pour responsable.
Concrètement, pour l'exploitation
- Des tournées réalistes, qui tiennent compte du trafic, des temps de chargement et des pauses.
- Des marges pour absorber les aléas sans pousser le conducteur à dépasser ses temps.
- Des consignes écrites sur l'utilisation du tachygraphe et la conduite à tenir en cas de retard.
- Un interlocuteur joignable quand le chauffeur doit adapter sa tournée.
Prévoir où le conducteur s'arrête
Organiser le travail, c'est aussi anticiper où le conducteur pourra prendre sa pause et son repos. Un planning qui suppose un arrêt « quelque part vers 12 h » sur un axe saturé expose le conducteur à des choix risqués : rouler quelques minutes de trop, ou stationner sur une bretelle. Identifier et, quand c'est possible, réserver les arrêts sur les tournées régulières fait partie d'une bonne organisation. Notre article destiné aux chauffeurs, la pause du chauffeur routier : 45 minutes minimum, décrit ce qu'ils vivent sur le terrain, et où dormir en camion la nuit aborde le stationnement de nuit.
Obligation n° 2 : une rémunération qui ne pousse pas à l'infraction
Le même article 10 interdit de rémunérer les conducteurs salariés, même sous forme de primes ou de majorations de salaire, en fonction de la distance parcourue, de la rapidité de livraison ou du volume de marchandises transportées, si cette rémunération est de nature à compromettre la sécurité routière ou à encourager les infractions.
Cela n'interdit pas toute prime, mais impose de vérifier que les critères de rémunération variable ne récompensent pas, en pratique, le non-respect des temps de conduite. Des primes liées à la sécurité, à la qualité de service ou à l'éco-conduite sont plus sûres de ce point de vue.
Obligation n° 3 : le repos hebdomadaire normal hors du véhicule
Ce que dit la règle
Depuis le paquet mobilité, le repos hebdomadaire normal (45 heures ou plus) et tout repos hebdomadaire de plus de 45 heures pris en compensation ne peuvent pas être pris à bord du véhicule. Comme le rappelle le ministère sur sa page dédiée au repos hebdomadaire normal et au repos en cabine, ce repos doit être pris dans un hébergement adapté, avec des installations de couchage et sanitaires appropriées, et les frais sont à la charge de l'employeur.
Ce qui reste possible en cabine
- Le repos journalier, normal ou réduit.
- Le repos hebdomadaire réduit, si le véhicule dispose d'un équipement de couchage adapté et qu'il est à l'arrêt.
En pratique
- Prévoir les lieux d'hébergement dès la planification des tournées longues.
- Définir une procédure de réservation et de remboursement claire pour les chauffeurs.
- Conserver les justificatifs (factures d'hôtel, notamment), utiles en cas de contrôle.
Obligation n° 4 : permettre le retour régulier du conducteur
Le règlement impose à l'entreprise d'organiser le travail de façon que le conducteur puisse retourner soit au centre opérationnel de l'employeur auquel il est normalement rattaché, soit à son lieu de résidence, au cours de chaque période de quatre semaines consécutives, pour y passer au moins un repos hebdomadaire normal ou un repos de plus de 45 heures pris en compensation. Ce délai est ramené à trois semaines lorsque le conducteur a pris deux repos hebdomadaires réduits consécutifs (dans les cas où c'est autorisé, en transport international).
L'entreprise doit pouvoir démontrer qu'elle a organisé ce retour : conservez les plannings et les documents correspondants. Au-delà de l'obligation, c'est un levier important pour garder vos chauffeurs, comme nous l'expliquons dans fidéliser ses chauffeurs routiers.
Obligation n° 5 : le chronotachygraphe
Équiper et entretenir
Le règlement (UE) n° 165/2014 impose que les véhicules concernés soient équipés d'un tachygraphe conforme, installé et contrôlé par un atelier agréé. Les véhicules neufs immatriculés depuis plusieurs années doivent être équipés de tachygraphes intelligents, avec des versions successives imposant de nouveaux équipements ; vérifiez la situation de chaque véhicule de votre parc.
- Faire réaliser les contrôles périodiques du tachygraphe dans les délais réglementaires.
- Réparer rapidement tout dysfonctionnement, et donner au conducteur les consignes en cas de panne (enregistrement manuel).
Former les conducteurs
L'entreprise doit former et instruire ses conducteurs sur le bon fonctionnement du tachygraphe : utilisation de la carte conducteur, saisies manuelles, sélecteur d'activité, impression de tickets. Beaucoup d'infractions relevées en contrôle viennent d'erreurs de manipulation plutôt que de dépassements réels.
Télécharger, analyser, conserver
- Télécharger régulièrement les données des cartes conducteurs et de la mémoire des véhicules, aux fréquences prévues par la réglementation.
- Analyser les données pour repérer les infractions et en parler avec les conducteurs.
- Conserver les données pendant au moins un an (règlement (UE) n° 165/2014) et pouvoir les présenter ou les transmettre lors d'un contrôle.
Un logiciel d'analyse facilite grandement ce suivi et permet de produire des rapports d'infractions à signer par le conducteur, preuve des contrôles réalisés par l'entreprise.
Obligation n° 6 : le temps de travail des salariés roulants
Au-delà de la conduite
Le règlement 561/2006 ne couvre que la conduite, les pauses et les repos. Le temps de travail d'un salarié comprend aussi les autres tâches (chargement, déchargement, nettoyage, formalités) et, selon les règles applicables, une partie des temps de disponibilité.
Les pauses en droit français
Comme l'indique la page du ministère, le personnel roulant salarié ne travaille jamais plus de six heures consécutives sans pause. La pause est d'au moins 30 minutes si le travail quotidien est compris entre six et neuf heures, et d'au moins 45 minutes au-delà de neuf heures (article L. 3312-2 du Code des transports). Elle peut être subdivisée en périodes d'au moins 15 minutes.
Les durées maximales
La FAQ de Mobilic rappelle notamment qu'en transport de marchandises, la durée de travail quotidienne maximale est de 12 heures. D'autres limites existent (durée hebdomadaire, travail de nuit, amplitude) ; elles dépendent du type d'activité et des accords applicables. La page Your Europe sur les travailleurs du transport routier résume les règles européennes côté employeur.
Les outils d'enregistrement
Pour les salariés qui ne sont pas soumis au chronotachygraphe (véhicules légers, par exemple), Mobilic est l'outil public d'enregistrement du temps de travail, avec une documentation pratique pour les employeurs.
Obligation n° 7 : prévenir les risques professionnels
Au-delà des textes spécifiques au transport, l'employeur a une obligation générale de prévention des risques professionnels. Pour un conducteur, cela inclut :
- le risque routier, que l'INRS présente comme l'une des principales causes d'accidents mortels au travail ;
- les risques psychosociaux, dont l'isolement et le stress (voir notre article sur la solitude du chauffeur routier) ;
- les risques liés à la manutention et aux chutes en montant ou descendant de la cabine ;
- la fatigue, liée aux horaires et à la qualité des repos.
Ces risques doivent figurer dans le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) de l'entreprise, avec des actions de prévention associées.
Trois cas pratiques pour l'exploitation
Les situations ci-dessous sont illustratives : elles montrent comment les règles se traduisent dans la planification, sans se substituer à une analyse juridique de votre cas.
Cas 1 : la tournée qui « passe juste »
Une tournée régionale est calculée sans aucune marge : en théorie, le conducteur atteint 4 h 30 de conduite pile à l'arrivée chez le client, où il prendra sa pause. Un matin, un accident sur l'axe principal lui fait perdre vingt minutes. Il doit choisir entre s'arrêter sur un parking improvisé à quelques kilomètres du client ou dépasser son temps de conduite. Dans les deux cas, l'organisation du travail est en cause. La bonne pratique : prévoir l'arrêt principal autour de 4 h de conduite, avec un lieu identifié, et un plan B.
Cas 2 : le retour du vendredi
Un chauffeur grand routier finit sa semaine à plusieurs centaines de kilomètres de son domicile. Le planning prévoit qu'il prenne son repos hebdomadaire normal dans la cabine, sur un parking d'autoroute. C'est précisément ce que le règlement interdit : il faut soit organiser son retour, soit lui fournir un hébergement adapté pris en charge. L'exploitant doit aussi vérifier que le retour au domicile dans la période de quatre semaines est bien assuré.
Cas 3 : la prime au nombre de livraisons
Une entreprise met en place une prime liée au nombre de livraisons effectuées par jour. Rapidement, l'analyse des données tachygraphiques montre des pauses écourtées et des dépassements ponctuels de conduite. Même sans intention, ce mode de rémunération peut entrer dans le champ de l'interdiction prévue par l'article 10 s'il encourage les infractions. La correction : revoir les critères, par exemple en récompensant la sécurité et la qualité de service plutôt que le volume.
Les erreurs fréquentes des exploitants
- Planifier sur la base des temps maximums plutôt que des temps réalistes.
- Ne pas analyser les données téléchargées, ou les analyser sans en parler aux conducteurs.
- Oublier de documenter les contrôles internes et les rappels faits aux chauffeurs.
- Confondre pause et disponibilité dans les consignes données aux conducteurs.
- Négliger le suivi des compensations de repos hebdomadaires réduits.
- Laisser le chauffeur se débrouiller pour trouver un hébergement le week-end.
- Ignorer les signaux de fatigue remontés par un conducteur.
Chacune de ces erreurs est évitable avec des outils simples : un planning partagé, un logiciel d'analyse, une procédure écrite et un dialogue régulier avec les conducteurs. Le plus important est sans doute de considérer les données du tachygraphe non comme une simple obligation d'archivage, mais comme un outil de pilotage : elles montrent où les tournées sont trop serrées, quels clients font attendre, et quels conducteurs ont besoin d'un accompagnement. Bien utilisées, elles améliorent à la fois la conformité, la sécurité et la rentabilité.
Conducteurs indépendants et sous-traitance
Le conducteur indépendant
Un conducteur indépendant reste soumis aux règles de conduite et de repos du règlement (CE) n° 561/2006 et à l'obligation d'utiliser le tachygraphe. Il est à la fois conducteur et entreprise : il porte donc lui-même les obligations d'organisation, de conservation des données et de respect du repos hebdomadaire hors cabine. Les règles françaises sur le temps de travail des salariés ne s'appliquent pas de la même manière, mais la directive européenne sur le temps de travail des personnes exécutant des activités mobiles de transport vise aussi les conducteurs indépendants.
La sous-traitance
Recourir à des sous-traitants ne fait pas disparaître toute responsabilité. Le règlement prévoit que les expéditeurs, chargeurs, transitaires, organisateurs de transport et autres donneurs d'ordre veillent à ce que les horaires de transport convenus contractuellement respectent les règles de conduite et de repos. Des délais de livraison intenables imposés à un sous-traitant peuvent donc poser problème au donneur d'ordre lui-même. Lors de la négociation d'un contrat, vérifiez que les délais demandés sont compatibles avec les pauses et les repos obligatoires, trajet par trajet.
Les contrôles et les sanctions
Contrôles sur route et en entreprise
Les conducteurs peuvent être contrôlés sur la route, par les forces de l'ordre et les contrôleurs des transports terrestres. L'entreprise peut aussi être contrôlée dans ses locaux : données tachygraphiques, plannings, justificatifs d'hébergement, organisation du travail.
Des sanctions pour le conducteur… et pour l'entreprise
Les manquements peuvent entraîner des amendes pour le conducteur et pour l'entreprise, voire, pour les infractions les plus graves ou répétées, des conséquences sur l'honorabilité professionnelle et l'inscription au registre des transporteurs. Les montants et qualifications dépendent de la nature de l'infraction : référez-vous aux textes en vigueur ou à votre organisation professionnelle.
Expliquer les règles aux conducteurs : un investissement rentable
Les règles de conduite et de repos sont complexes, et elles ont changé plusieurs fois ces dernières années. Beaucoup de conducteurs, même expérimentés, ont des doutes sur des points précis : l'ordre du fractionnement de la pause, la compensation des repos réduits, les règles du repos hebdomadaire hors cabine, l'enregistrement d'une attente au quai. Une entreprise qui prend le temps de les expliquer réduit les infractions, mais aussi les tensions.
Quelques formats simples :
- une fiche mémo plastifiée dans chaque cabine, avec les principales limites ;
- un point de quinze minutes lors des réunions d'équipe sur une règle à la fois ;
- un retour individuel et bienveillant après l'analyse des données, plutôt qu'une simple sanction ;
- un contact référent à l'exploitation pour les questions réglementaires.
Ressources officielles utiles
- Règlement (CE) n° 561/2006, texte consolidé : le texte de référence.
- Fiche de l'Autorité européenne du travail : un résumé clair des durées de conduite et de repos.
- Ministère : temps de travail des conducteurs routiers : le volet français.
- Ministère : repos hebdomadaire et repos en cabine.
- Mobilic : l'outil public d'enregistrement du temps de travail.
- INRS : risque routier : prévention côté employeur.
Check-list de l'exploitant
- Les tournées laissent une marge pour les pauses et les aléas.
- Les arrêts (pause, repos journalier) sont identifiés à l'avance sur les tournées régulières.
- Les conducteurs ont reçu une formation au tachygraphe et des consignes écrites.
- Les données sont téléchargées, analysées et conservées au moins un an.
- Les rapports d'infractions sont présentés aux conducteurs et archivés.
- Le repos hebdomadaire normal est pris hors du véhicule, avec un hébergement pris en charge.
- Le retour au domicile ou au centre opérationnel est organisé et documenté.
- La rémunération variable ne récompense ni la distance ni la vitesse au détriment de la sécurité.
- Le temps de travail des salariés (pauses, durées maximales) est suivi.
- Les risques du métier figurent dans le DUERP.
Organiser les pauses : un levier simple et concret
Parmi toutes ces obligations, l'organisation des pauses est sans doute la plus facile à améliorer, et l'une de celles qui ont le plus d'effet sur le terrain. Un conducteur qui sait où il s'arrête :
- ne cherche pas une place à 4 h 25 de conduite ;
- ne stationne pas sur une bretelle ou une bande d'arrêt d'urgence ;
- prend une vraie pause, conforme et reposante ;
- repart plus vigilant.
Casse-Croûte permet aux chauffeurs de réserver une place de parking poids lourds chez un restaurant partenaire situé sur leur tournée, et de choisir leur plat à l'avance. Pour l'entreprise de transport :
- un abonnement par camion, présenté sur la page tarifs ;
- la table entre collègues pour que les chauffeurs d'un même axe déjeunent ensemble ;
- une récompense flotte détaillée sur la page transporteurs.
Si un chauffeur salarié réserve et ne se présente pas sans annuler, les frais de non-présentation sont à la charge de l'entreprise ; un chauffeur indépendant les paie lui-même. Les réponses aux questions courantes sont dans la FAQ.
En résumé
- L'entreprise de transport doit organiser le travail pour permettre le respect des temps de conduite et de repos, instruire et contrôler ses conducteurs.
- Elle est responsable des infractions de ses conducteurs, sauf exceptions prévues par le règlement.
- La rémunération ne doit pas pousser à l'infraction.
- Le repos hebdomadaire normal se prend hors cabine, aux frais de l'employeur.
- Le retour régulier du conducteur doit être organisé et prouvé.
- Le tachygraphe doit être entretenu, les données téléchargées, analysées et conservées.
- Les règles françaises sur le temps de travail et les pauses des salariés s'ajoutent au règlement européen.
Une réglementation respectée, ce sont des conducteurs reposés, des contrôles sereins et une entreprise protégée.
Questions fréquentes
L'entreprise est-elle responsable des infractions de ses conducteurs ?
Le règlement (CE) n° 561/2006 prévoit que l'entreprise de transport est tenue responsable des infractions commises par ses conducteurs, même hors de son territoire, sauf si elle démontre qu'elle ne peut raisonnablement en être tenue pour responsable. Les États membres peuvent toutefois subordonner cette responsabilité au fait que l'entreprise ait enfreint certaines de ses obligations.
Le repos hebdomadaire peut-il être pris dans la cabine ?
Le repos hebdomadaire réduit peut l'être, si le véhicule dispose d'un couchage adapté et est à l'arrêt. Le repos hebdomadaire normal ne peut pas être pris à bord : l'employeur doit fournir un hébergement adapté avec couchage et sanitaires et le prendre en charge.
Peut-on payer un chauffeur au kilomètre ?
Le règlement interdit de rémunérer les conducteurs salariés, même sous forme de prime, en fonction de la distance parcourue, de la rapidité de livraison ou du volume transporté, si cette rémunération est de nature à compromettre la sécurité routière ou à encourager les infractions.
Combien de temps conserver les données du chronotachygraphe ?
Le règlement (UE) n° 165/2014 impose de conserver les données téléchargées pendant au moins un an et de pouvoir les présenter lors d'un contrôle. Les fréquences de téléchargement sont précisées par la réglementation : vérifiez celles qui vous concernent auprès de votre organisation professionnelle ou de la DREAL.
Qui paie les frais de non-présentation Casse-Croûte pour un salarié ?
Lorsqu'un chauffeur salarié réserve une place et un repas via Casse-Croûte et ne se présente pas sans annuler, les frais de non-présentation sont à la charge de l'entreprise de transport. Un chauffeur indépendant les paie lui-même.
Casse-Croûte, la place et le repas réservés ensemble
Une place de parking poids lourds réservée chez un restaurant partenaire, et le plat choisi à l'avance.
Équiper ma flotteArticle rédigé par L'équipe Casse-Croûte. Les règles citées renvoient aux textes officiels ; en cas de doute, ce sont eux qui font foi.



