
Illustration originale Casse-Croûte (libre de droits, créée pour ce site).
L'indemnité repas chauffeur routier change de montant au 1er janvier 2026. L'avenant n° 81 du 2 décembre 2025 au protocole du 30 avril 1974 relatif aux frais de déplacement des ouvriers, qui fait partie de la convention collective nationale des transports routiers (IDCC 16), fixe de nouveaux montants pour l'indemnité de repas, le repas unique, l'indemnité de casse-croûte et le grand déplacement. Étendu par arrêté du 3 février 2026, publié au Journal officiel du 7 février 2026, il s'impose, pour leur personnel ouvrier, aux employeurs du transport routier de marchandises, des activités auxiliaires du transport, du déménagement, du transport de fonds et valeurs et de la logistique. Ce guide récapitule les montants applicables, explique à quelle situation correspond chaque indemnité, et rappelle les limites d'exonération du barème Urssaf frais de repas, applicables sous conditions, pour rester exonéré de cotisations sociales.
Ces règles de paie s'ajoutent aux obligations plus larges de l'entreprise de transport envers ses conducteurs, que nous détaillons dans notre guide temps de conduite et de repos : les obligations de l'entreprise de transport.
L'avenant n° 81 : à qui s'applique ce cadre conventionnel
Qui est concerné
L'avenant n° 81 du 2 décembre 2025 modifie le protocole du 30 avril 1974 relatif aux frais de déplacement des ouvriers, annexé à la convention collective nationale des transports routiers (IDCC 16). Son arrêté d'extension du 3 février 2026, publié au Journal officiel du 7 février 2026, le rend obligatoire, pour leur personnel ouvrier, aux employeurs relevant du champ de l'avenant : le transport routier de marchandises, les activités auxiliaires du transport, le déménagement, le transport de fonds et valeurs, et la logistique. Les nouveaux montants s'appliquent au 1er janvier 2026 pour les employeurs déjà liés par l'avenant ; l'extension les rend obligatoires pour les autres employeurs concernés à compter du 7 février 2026. Le texte intégral de l'avenant, signé le 2 décembre 2025, reste consultable en PDF sur rh-transport.fr, et c'est ce texte signé qui fait foi en cas de doute.
Ce qui n'est pas concerné
Le transport routier de voyageurs et le transport sanitaire relèvent de la même convention collective nationale des transports routiers (IDCC 16), mais de dispositions propres : l'avenant n° 81 ne revalorise pas leurs barèmes de frais de déplacement, régis par d'autres protocoles au sein de cette convention. Si votre entreprise exploite plusieurs activités relevant de protocoles différents, vérifiez poste par poste à quel barème des frais de route transport routier 2026 chaque conducteur est soumis, plutôt que d'appliquer le même protocole à tout le personnel roulant.
Indemnité repas chauffeur routier 2026 : les montants de l'avenant n° 81
L'annexe de l'avenant signé fixe les montants suivants, applicables depuis le 1er janvier 2026 :
| Indemnité | Article | Montant 2026 |
|---|---|---|
| Indemnité de repas | art. 3 | 16,36 € |
| Repas unique | art. 4 | 10,07 € |
| Repas unique « nuit » (indemnité de service de nuit) | art. 12 | 9,81 € |
| Indemnité spéciale | art. 7 | 4,42 € |
| Indemnité de casse-croûte | art. 5 | 8,87 € |
| Grand déplacement – 1 repas + 1 découcher | art. 6 | 52,31 € |
| Grand déplacement – 2 repas + 1 découcher | art. 6 | 68,67 € |
Pour un déplacement à l'étranger, selon le Comité national routier (CNR), les taux applicables sont majorés de 18 % par rapport aux montants ci-dessus.

Comprendre chaque indemnité : à quelle situation correspond quel montant
Le barème ne se résume pas à un tableau de montants : chaque ligne correspond à une situation précise, définie par le protocole du 30 avril 1974.
L'indemnité de repas (art. 3)
L'indemnité de repas, 16,36 € en 2026, est due au personnel qui, en raison d'un déplacement imposé par le service, est dans l'obligation de prendre son repas hors de son lieu de travail et dont l'amplitude de service couvre entièrement l'une des deux plages horaires suivantes : 11 h 45 - 14 h 15, ou 18 h 45 - 21 h 15. La Cour de cassation a précisé la portée de cette règle dans un arrêt du 8 avril 2021 (n° 19-24.223) : le droit à l'indemnité est écarté dès qu'une interruption de travail recoupe la plage horaire concernée, même brièvement ; comparer seulement l'heure de début et l'heure de fin de service ne suffit donc pas à établir que l'amplitude couvre entièrement cette plage, condition nécessaire pour que l'indemnité soit due.
Le repas unique (art. 4)
Le repas unique, à 10,07 €, est perçu, sous réserve des avantages acquis, par le personnel ouvrier qui effectue dans la zone de camionnage autour de Paris les déplacements visés à l'article 3.
L'indemnité de casse-croûte (art. 5)
L'indemnité de casse-croûte, à 8,87 €, est versée lorsque, en raison d'un déplacement imposé par le service, le conducteur est obligé de prendre son service avant 5 heures du matin. Point important pour la paie : elle n'est pas cumulable avec l'indemnité de repos journalier prévue à l'article 6, ni avec l'indemnité de service de nuit prévue à l'article 12. Pour un même service, l'indemnité de casse-croûte n'est due que si aucune de ces deux autres indemnités ne l'est déjà.
Le repas unique « nuit », ou indemnité de service de nuit (art. 12)
Une indemnité de service de nuit de 9,81 € est due lorsque le conducteur effectue au moins 4 heures de travail effectif entre 22 heures et 7 heures, pour un service au titre duquel il ne perçoit pas déjà une autre des indemnités de ce barème. C'est cette règle qui fixe le seuil horaire minimal à vérifier avant de verser l'indemnité.
Le grand déplacement (art. 6)
Le grand déplacement s'applique lorsque le conducteur ne peut pas regagner son domicile en fin de service pour y prendre son repos journalier, et doit découcher. L'avenant distingue deux montants selon le nombre de repas remplissant les conditions de l'indemnité de repas, pris hors de son domicile pendant ce déplacement : 52,31 € pour 1 repas et 1 découcher, et 68,67 € pour 2 repas et 1 découcher.
Un écart entre deux sources, pour le grand déplacement à 2 repas
La publication du Comité national routier « Coûts de personnel de conduite TRM 2026 » indique un montant de 68,87 € pour le grand déplacement à 2 repas et 1 découcher, alors que le texte signé de l'avenant n° 81 et sa publication au Bulletin officiel des conventions collectives retiennent 68,67 €. L'écart est faible, mais il peut créer une erreur dans un logiciel de paie paramétré sur la mauvaise source. Le plus sûr est de retenir 68,67 €, le montant du texte conventionnel officiel, et de vous reporter en cas de doute au PDF de l'avenant signé plutôt qu'à une publication de synthèse, même émanant d'un organisme sérieux.
Le barème Urssaf frais de repas 2026 : la limite d'exonération de cotisations
Les montants conventionnels ci-dessus fixent ce que l'employeur doit verser au titre de la convention collective. Mais une indemnité de repas n'est exonérée de cotisations sociales, sous conditions, que dans la limite d'un autre barème, général à tous les salariés : le barème Urssaf frais de repas, revalorisé chaque 1er janvier. Pour 2026, selon les pages Urssaf et BOSS consacrées aux frais professionnels, les limites d'exonération des allocations forfaitaires sont les suivantes :
| Situation | Limite d'exonération 2026 |
|---|---|
| Repas au restaurant, en déplacement (contraint ou usages de la profession) | 21,40 € |
| Repas hors des locaux de l'entreprise, sans contrainte de restaurant | 10,40 € |
| Repas pris sur le lieu de travail | 7,50 € |
Chaque limite correspond à une condition précise : les 21,40 € supposent un repas pris au restaurant du fait de circonstances de travail ou d'usages de la profession ; les 10,40 € s'appliquent lorsque le salarié est en déplacement sans pouvoir rejoindre sa résidence ni son lieu de travail, sans être pour autant en situation de restaurant — par exemple lorsqu'il mange dans son véhicule ; les 7,50 € supposent des conditions particulières d'organisation ou d'horaires de travail sur le lieu de travail. Manger dans son véhicule ne suffit donc pas, à lui seul, à déterminer la limite applicable.
Le grand déplacement côté Urssaf
Le barème Urssaf prévoit aussi des limites propres au grand déplacement, qui diminuent avec la durée de la mission en métropole : 21,40 € par repas pendant les trois premiers mois, 18,20 € du 4e au 24e mois, puis 15,00 € du 25e au 72e mois. Pour le logement et le petit-déjeuner, la limite est de 76,60 € par jour dans la ville de Paris et les départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, et de 56,80 € par jour dans les autres départements, pour les trois premiers mois. Ces plafonds encadrent, sous conditions, l'exonération de cotisations ; ils ne remplacent pas le montant que la convention collective impose de verser au chauffeur routier.

Justificatifs : ce que l'entreprise doit pouvoir démontrer
Pour les indemnités forfaitaires de la convention collective, l'employeur doit être en mesure de prouver, en cas de contrôle, la situation de déplacement qui justifie chaque versement : relevés du chronotachygraphe ou de l'amplitude de service, feuilles de route, ordres de mission. C'est particulièrement vrai pour l'indemnité de repas, dont le droit dépend du déplacement imposé par le service et d'une amplitude qui couvre entièrement une plage horaire précise, et pour l'indemnité de casse-croûte, dont le droit dépend de l'heure de prise de service liée à ce même déplacement.
Au-delà des limites du barème Urssaf frais de repas, la fraction qui excède ces plafonds est en principe soumise à cotisations sociales, sauf si l'employeur produit les factures et autres justificatifs de dépenses démontrant que les sommes versées correspondent bien à des frais professionnels réellement engagés, dans des conditions conformes à leur objet. En pratique, cela signifie que le paramétrage du logiciel de paie et la conservation des pièces justificatives (plannings, données tachygraphiques, ordres de mission, factures) sont aussi importants que le montant lui-même.
Ce que ça change pour la paie, en pratique
Pour appliquer correctement l'indemnité repas chauffeur routier 2026, un service paie ou une exploitation peut suivre une logique simple :
- Identifier, service par service, la situation réelle du conducteur : déplacement imposé par le service avec amplitude couvrant entièrement 11 h 45 - 14 h 15 ou 18 h 45 - 21 h 15, prise de service avant 5 heures en raison de ce déplacement, au moins 4 heures de travail effectif entre 22 heures et 7 heures, ou découcher.
- Vérifier la règle de non-cumul : l'indemnité de casse-croûte n'est due que si le conducteur ne perçoit pas déjà, pour le même service, l'indemnité de repos journalier ou l'indemnité de service de nuit.
- Appliquer la majoration de 18 % lorsque le déplacement a lieu à l'étranger, selon le barème du CNR.
- Comparer le montant versé aux limites d'exonération du barème Urssaf, sous conditions, en tenant compte de leur revalorisation au 1er janvier de chaque année.
- Conserver les justificatifs qui rattachent chaque indemnité à la situation qui la fonde, y compris les factures en cas de dépassement des limites Urssaf.
- Vérifier, avant d'appliquer ce barème, que le conducteur relève bien du transport routier de marchandises, des activités auxiliaires, du déménagement, du transport de fonds et valeurs ou de la logistique, et non du transport de voyageurs ou du transport sanitaire, qui relèvent de dispositions propres au sein de la même convention collective.
Ce travail de vérification rejoint plus largement le suivi du temps de conduite et de la pause obligatoire du chauffeur routier, que nous détaillons dans notre guide sur la pause obligatoire du chauffeur routier : le droit à chacune de ces indemnités dépend des conditions conventionnelles du service et du déplacement, pas seulement de l'heure à laquelle le conducteur s'arrête pour manger.

Aider vos chauffeurs à trouver un vrai repas chaud, avec une place poids lourd réservable
Le calcul et le versement de l'indemnité repas chauffeur routier restent entièrement de votre responsabilité d'employeur : Casse-Croûte n'intervient pas dans cette partie de la paie. Ce que l'application peut apporter, en revanche, c'est un repas chaud trouvé sans détour : vos chauffeurs réservent une place de parking poids lourds chez un restaurant partenaire situé sur leur tournée, et choisissent leur plat à l'avance pour qu'il soit prêt à leur arrivée.
Un point à bien distinguer pour la paie : Casse-Croûte ne règle pas les repas pour le compte de votre entreprise. Le chauffeur paie son repas directement au restaurant, comme il le ferait n'importe où ailleurs. L'indemnité de repas, le repas unique, l'indemnité de casse-croûte ou le grand déplacement restent calculés et versés par vous, selon les règles conventionnelles applicables et les justificatifs présentés plus haut. L'application aide simplement le chauffeur à trouver, réserver et manger un vrai repas sans perdre de temps sur sa tournée ; elle ne se substitue ni au calcul de l'indemnité, ni à son versement.
Pour composer des repas équilibrés malgré des horaires décalés, notre guide sur la nutrition du conducteur routier donne des repères simples. Une indemnité bien appliquée et des pauses de qualité comptent aussi parmi les leviers de fidélisation d'une entreprise de transport. Et pour découvrir l'offre destinée aux entreprises de transport, rendez-vous sur la page transporteurs, la page tarifs et la FAQ.
En résumé
- Depuis le 1er janvier 2026, l'avenant n° 81 fixe l'indemnité de repas à 16,36 €, le repas unique à 10,07 €, le repas unique « nuit » à 9,81 €, l'indemnité spéciale à 4,42 € et l'indemnité de casse-croûte à 8,87 €.
- Le grand déplacement est de 52,31 € (1 repas + 1 découcher) ou 68,67 € (2 repas + 1 découcher) ; retenez ce dernier montant plutôt que les 68,87 € d'une publication de synthèse.
- Ces montants, majorés de 18 % à l'étranger selon le CNR, s'appliquent au personnel ouvrier du transport routier de marchandises, des activités auxiliaires, du déménagement, du transport de fonds et valeurs et de la logistique ; le transport de voyageurs et le transport sanitaire relèvent de dispositions propres au sein de la même convention collective.
- Le barème Urssaf frais de repas 2026 (21,40 €, 10,40 € ou 7,50 € selon la situation) fixe, sous conditions, la limite d'exonération de cotisations, indépendamment du montant conventionnel versé.
- Conservez les justificatifs (amplitude, chronotachygraphe, feuilles de route, ordres de mission, factures en cas de dépassement des limites Urssaf) qui rattachent chaque indemnité à la situation qui la fonde.
- Avec Casse-Croûte, le chauffeur paie son repas directement au restaurant ; l'indemnité reste versée par l'employeur selon les règles conventionnelles applicables.
Questions fréquentes
Quel est le montant de l'indemnité repas chauffeur routier en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2026, l'avenant n° 81 au protocole du 30 avril 1974 fixe l'indemnité de repas à 16,36 €, le repas unique à 10,07 €, le repas unique « nuit » à 9,81 €, l'indemnité spéciale à 4,42 € et l'indemnité de casse-croûte à 8,87 €. Ces montants sont majorés de 18 % pour un déplacement à l'étranger, selon le Comité national routier (CNR).
Qu'est-ce que l'indemnité de casse-croûte et quand s'applique-t-elle ?
L'indemnité de casse-croûte (8,87 € en 2026, article 5 du protocole) est due lorsque, en raison d'un déplacement imposé par le service, le conducteur est obligé de prendre son service avant 5 heures. Elle n'est pas cumulable avec l'indemnité de repos journalier (article 6) ni avec l'indemnité de service de nuit (article 12) : pour un même service, le casse-croûte n'est versé que si aucune de ces deux autres indemnités n'est déjà due.
Quels sont les montants du grand déplacement en 2026 ?
L'avenant n° 81 fixe le grand déplacement à 52,31 € pour 1 repas et 1 découcher, et à 68,67 € pour 2 repas et 1 découcher (article 6). La publication du CNR indique de son côté 68,87 € pour ce second montant : en cas d'écart, le texte signé de l'avenant et sa publication au Bulletin officiel des conventions collectives font référence.
Quelles entreprises sont concernées par l'avenant n° 81 ?
L'avenant, étendu par arrêté du 3 février 2026 (JO du 7 février 2026), s'applique, pour leur personnel ouvrier, aux employeurs du transport routier de marchandises, des activités auxiliaires du transport, du déménagement, du transport de fonds et valeurs et de la logistique, relevant de la convention collective nationale des transports routiers (IDCC 16). Le transport routier de voyageurs et le transport sanitaire relèvent de la même convention collective, mais de dispositions propres : l'avenant n° 81 ne revalorise pas leurs barèmes de frais de déplacement.
Quel est le barème Urssaf frais de repas en 2026 ?
Pour 2026, les limites d'exonération des allocations forfaitaires, sous conditions, sont de 21,40 € pour un repas pris au restaurant du fait de circonstances ou d'usages de la profession, 10,40 € lorsque le salarié est en déplacement sans pouvoir rejoindre sa résidence ni son lieu de travail, sans être pour autant en situation de restaurant (par exemple lorsqu'il mange dans son véhicule), et 7,50 € pour un repas pris sur le lieu de travail dans des conditions particulières d'organisation ou d'horaires de travail. Ces montants sont revalorisés chaque 1er janvier.
Quels justificatifs conserver pour les indemnités de repas des chauffeurs ?
Pour les indemnités conventionnelles, l'employeur doit pouvoir démontrer la situation de déplacement : relevés du chronotachygraphe ou de l'amplitude de service, feuilles de route, ordres de mission. Au-delà des limites du barème Urssaf, la fraction excédentaire reste soumise à cotisations, sauf si l'employeur produit les factures et justificatifs de dépenses démontrant une utilisation conforme à leur objet.
Article rédigé par L'équipe Casse-Croûte. Les règles citées renvoient aux textes officiels ; en cas de doute, ce sont eux qui font foi.




