
Illustration originale Casse-Croûte (libre de droits, créée pour ce site).
Un dépassement « léger » du temps de conduite est une contravention de 4e classe (art. R. 3315-10 du Code des transports) : amende forfaitaire de 135 € (minorée à 90 €, majorée à 375 €) selon la fiche service-public.fr F18509, plafond légal 750 € (art. 131-13 du Code pénal). Au-delà des seuils, c'est une contravention de 5e classe (art. R. 3315-11), plafonnée à 1 500 € (3 000 € en récidive). Pour une entreprise, ces plafonds sont multipliés par cinq (art. 131-41 du Code pénal).
Ce guide complète notre article sur les obligations de l'entreprise de transport en matière de temps de conduite et de repos : il se concentre ici sur la sanction, pas sur le détail du règlement (CE) n° 561/2006, déjà traité dans l'article pilier.
Qui est sanctionné : conducteur, entreprise, donneur d'ordre
Une infraction au temps de conduite ou de repos constatée sur la route touche d'abord le conducteur, puisque c'est lui qui conduisait au moment du contrôle. Mais le Code des transports et le règlement (CE) n° 561/2006 ne s'arrêtent pas là : l'entreprise de transport peut elle aussi être poursuivie, en particulier lorsque le dépassement découle de la façon dont elle a organisé le travail — tournées trop serrées, absence de marge, rémunération qui pousse à rouler plus vite ou plus longtemps, ou encore absence de contrôle des données du tachygraphe. Notre guide sur les obligations de l'entreprise de transport détaille ce que l'employeur doit mettre en place pour éviter d'être tenu pour responsable des infractions de ses conducteurs.
Les donneurs d'ordre — expéditeurs, chargeurs, transitaires, organisateurs de transport — ne sont pas hors de cause non plus : des délais de livraison intenables imposés à un transporteur ou à un sous-traitant peuvent, selon les mêmes textes, engager leur propre responsabilité lorsqu'ils savent ou devraient savoir que ces délais sont incompatibles avec les temps de conduite et de repos.
En pratique, un même contrôle peut donc donner lieu à une sanction du conducteur pour l'infraction elle-même, et à une sanction distincte de l'entreprise pour défaut d'organisation du travail. Les deux responsabilités ne s'excluent pas.

Les trois niveaux de contraventions du Code des transports
Le Code des transports classe les manquements au temps de conduite et de repos en trois niveaux de gravité croissante, chacun défini par un article distinct.
3e classe : les manquements de forme (art. R. 3315-9)
L'article R. 3315-9 sanctionne, en contravention de 3e classe, des manquements de nature plus formelle que les dépassements de durée eux-mêmes : la présence à bord d'une quantité insuffisante de papier pour les sorties imprimées du tachygraphe, ou l'utilisation de feuilles d'enregistrement ou de cartes de conducteur souillées ou endommagées, dès lors que les données restent lisibles. Ces manquements n'impliquent pas nécessairement un dépassement réel des temps de conduite ou de repos, mais ils compliquent le contrôle et sont sanctionnés à ce titre.
4e classe : les dépassements « dans les seuils » (art. R. 3315-10)
L'article R. 3315-10 du Code des transports sanctionne, en contravention de 4e classe, les dépassements qui restent en-dessous de certains seuils, ainsi qu'une série de manquements liés à l'enregistrement et au contrôle. Il vise notamment le non-respect de l'âge minimal fixé par l'article 5 du règlement (CE) n° 561/2006, des manquements à l'enregistrement (feuilles insuffisantes, modèle non homologué) et des manquements au repos hebdomadaire restant dans certaines limites.
5e classe : les dépassements au-delà des seuils (art. R. 3315-11)
L'article R. 3315-11 sanctionne, en contravention de 5e classe, les mêmes catégories de manquements que l'article R. 3315-10, mais au-delà des seuils qu'il fixe : conduite excessive dépassant les marges tolérées en 4e classe, insuffisance de repos plus importante, manquements plus graves à l'enregistrement (plusieurs feuilles concernées, rémunération au kilomètre, non-conservation des données). Il sanctionne aussi, spécifiquement, le fait de prendre le repos hebdomadaire normal à bord du véhicule, en violation de l'article L. 3313-3, ainsi que, pour l'employeur, le défaut de repos adapté pour les conducteurs de véhicules utilitaires légers (jusqu'à 3,5 tonnes) ou un hébergement non digne, en violation de l'article L. 3313-4. Attention : lorsque c'est l'employeur qui organise le travail sans veiller à ce que le repos hebdomadaire normal soit pris hors du véhicule, l'article L. 3315-4-1 du Code des transports ajoute une qualification de délit (un an d'emprisonnement et 30 000 € d'amende), distincte de la contravention de 5e classe.
Les seuils qui séparent 4e et 5e classe
Les tableaux ci-dessous reprennent les marges de tolérance fixées par les textes : en-dessous de ces marges, le dépassement est une contravention de 4e classe ; au-delà, il bascule en 5e classe.
Dépassements de la durée de conduite
| Durée de conduite concernée | Limite fixée par le règlement 561/2006 | Dépassement toléré en 4e classe |
|---|---|---|
| Conduite journalière | 9 h (10 h deux fois par semaine) | moins de 2 h |
| Conduite hebdomadaire | 56 h | moins de 14 h |
| Conduite sur deux semaines consécutives | 90 h | moins de 22 h 30 |
| Conduite ininterrompue | 4 h 30 | moins de 1 h 30 |
Au-delà de ces marges — par exemple 2 h ou plus de dépassement sur la conduite journalière — l'infraction relève de la 5e classe, en application de l'article R. 3315-11.
Insuffisance du temps de repos
| Repos concerné | Durée normale | Insuffisance tolérée en 4e classe |
|---|---|---|
| Repos quotidien normal | 11 h | jusqu'à 2 h 30 |
| Repos quotidien réduit | 9 h | jusqu'à 2 h |
| Repos quotidien normal pris en deux tranches (période de 9 h) | 9 h | jusqu'à 2 h |
| Repos quotidien de 9 h pris en équipage | 9 h | jusqu'à 2 h |
| Repos hebdomadaire normal | 45 h | jusqu'à 9 h |
| Repos hebdomadaire réduit | 24 h minimum | jusqu'à 4 h |
Au-delà de ces marges, l'insuffisance de repos relève elle aussi de la 5e classe. Pour les définitions exactes de chaque type de repos (normal, réduit, en équipage) et leurs règles de compensation, reportez-vous à notre article pilier sur les obligations de l'entreprise en matière de temps de conduite et de repos, qui ne les reprend pas ici en détail.
Le barème forfaitaire : combien ça coûte en pratique
Les forfaits de 3e et 4e classe
Pour les contraventions des 3e et 4e classes, la fiche service-public.fr F18509 sur les amendes forfaitaires indique les montants suivants :
| Classe | Amende forfaitaire | Montant minoré | Montant majoré |
|---|---|---|---|
| 3e classe (art. R. 3315-9) | 68 € | 45 € | 180 € |
| 4e classe (art. R. 3315-10) | 135 € | 90 € | 375 € |
Le montant minoré s'applique en cas de paiement rapide ; le montant majoré, en l'absence de paiement dans les délais prévus par la procédure de l'amende forfaitaire. Ces règles de minoration et de majoration suivent le régime général des amendes forfaitaires présenté par service-public.fr, et ne sont pas spécifiques au transport routier.
Pourquoi il n'existe pas de « forfait » propre à la 5e classe du Code des transports
Contrairement aux 3e et 4e classes, les contraventions de 5e classe prévues par l'article R. 3315-11 du Code des transports ne relèvent pas d'un barème d'amendes forfaitaires propre à ce texte. Ce qui est certain, c'est le plafond légal fixé par l'article 131-13 du Code pénal : 1 500 €, porté à 3 000 € en cas de récidive. Il ne faut pas confondre ce plafond avec le forfait de 200 € (minoré 150 €) que service-public.fr mentionne pour certaines contraventions de 5e classe relevant d'autres réglementations (comme certains excès de vitesse) : ce forfait-là ne s'applique pas automatiquement aux infractions de l'article R. 3315-11, qui restent sanctionnées selon les règles ordinaires de la contravention, avec un juge qui fixe le montant dans la limite du plafond de 1 500 € (ou 3 000 € en récidive).

Les personnes morales : un plafond multiplié par cinq
L'article 131-41 du Code pénal pose une règle générale, qui s'applique aussi aux contraventions du Code des transports : « le taux maximum de l'amende applicable aux personnes morales est égal au quintuple de celui prévu pour les personnes physiques par la loi qui réprime l'infraction ». Autrement dit, lorsque l'entreprise de transport, et non le seul conducteur, est reconnue responsable de l'infraction, les plafonds légaux sont multipliés par cinq :
| Classe | Plafond personne physique (art. 131-13 Code pénal) | Plafond personne morale (×5, art. 131-41) |
|---|---|---|
| 4e classe (art. R. 3315-10) | 750 € | 3 750 € |
| 5e classe (art. R. 3315-11) | 1 500 € | 7 500 € |
| 5e classe, récidive | 3 000 € | 15 000 € |
Ces montants sont des plafonds légaux, pas des amendes systématiques : le juge ou l'autorité qui applique l'amende forfaitaire fixe le montant dans la limite de ces plafonds, en tenant compte des circonstances de l'infraction. Il reste que, pour une entreprise, le risque financier d'une accumulation de contraventions de 5e classe sur plusieurs véhicules et plusieurs conducteurs peut rapidement devenir significatif, même sans jamais atteindre le plafond sur un seul dossier.
Les délits : falsification du tachygraphe et organisation du travail
Au-delà des contraventions, deux articles du Code des transports qualifient certains manquements de délits, avec des peines d'un autre ordre.
La falsification du dispositif de contrôle (art. L. 3315-4)
Le Code des transports, art. L. 3315-4 punit d'un an d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende le fait de falsifier des documents ou des données électroniques, de fournir de faux renseignements, de détériorer, d'employer irrégulièrement ou de modifier un dispositif de contrôle visé à l'article L. 3311-1 (le tachygraphe), ou de ne pas l'avoir installé alors qu'il est obligatoire. Le même article prévoit que le véhicule peut être immobilisé et retiré de la circulation jusqu'à sa mise en conformité ou sa réparation — une conséquence pratique qui peut peser beaucoup plus lourd pour une exploitation que l'amende elle-même, puisque le véhicule reste indisponible pendant ce temps.
Pour ce délit, une amende forfaitaire délictuelle permet d'éteindre l'action publique, dans le cadre de la procédure prévue par les articles 495-17 à 495-25 du Code de procédure pénale : 500 € (minorée à 400 €, majorée à 1 000 €). Cette procédure simplifiée reste propre à ce délit précis ; elle ne doit pas être confondue avec les amendes forfaitaires des contraventions de 3e et 4e classe vues plus haut.
L'organisation du travail qui pousse à l'infraction (art. L. 3315-4-1)
Le Code des transports qualifie aussi de délit certains manquements liés à l'organisation du travail décidée par l'entreprise elle-même : faire prendre le repos hebdomadaire hors du véhicule en violation des règles applicables, rémunérer un conducteur en fonction de la distance parcourue ou de la rapidité de livraison d'une façon susceptible de compromettre la sécurité routière, ou ne pas organiser le retour du conducteur à son domicile dans les conditions prévues par la réglementation. Ces manquements sont eux aussi punis d'un an d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende. Ils visent directement les décisions de planification et de rémunération prises par l'exploitation, et non le comportement ponctuel d'un conducteur au volant — c'est pourquoi notre article sur les obligations de l'entreprise de transport y consacre des sections entières : repos hebdomadaire hors cabine, rémunération qui ne pousse pas à l'infraction, retour régulier du conducteur.
Honorabilité professionnelle et registre des transporteurs
Les infractions les plus graves ou répétées au temps de conduite et de repos ne se limitent pas à une amende ponctuelle : elles peuvent peser sur l'honorabilité professionnelle du dirigeant et sur l'inscription de l'entreprise au registre des transporteurs, condition nécessaire à l'exercice de l'activité. Les critères précis et la procédure de retrait relèvent de textes et d'une pratique administrative propres, que cet article ne détaille pas : en cas de doute sur votre situation, le plus sûr est de vous rapprocher de votre organisation professionnelle ou de consulter directement les textes en vigueur plutôt que de vous fier à un résumé.

Prévenir les amendes : ce que l'exploitation peut faire concrètement
Le meilleur moyen de ne pas payer ces amendes reste de ne pas générer les dépassements qu'elles sanctionnent. Quelques leviers simples, déjà détaillés dans notre guide sur les obligations de l'entreprise de transport, méritent d'être rappelés du point de vue du risque financier :
- Construire des plannings avec une marge réelle, plutôt que des tournées calculées au plus juste sur les durées maximales : un simple incident de circulation suffit alors à transformer une tournée « dans les clous » en dépassement sanctionné.
- Télécharger et analyser régulièrement les données du tachygraphe, pour repérer les dépassements avant qu'ils ne s'accumulent sur plusieurs semaines et plusieurs conducteurs.
- Former les conducteurs à l'utilisation du tachygraphe : une part des infractions constatées en contrôle vient d'erreurs de manipulation (mauvaise sélection d'activité, oubli de carte) plutôt que de dépassements réels.
- Revoir les critères de rémunération variable pour écarter tout lien avec la distance parcourue, la rapidité de livraison ou le volume transporté, afin de ne pas tomber dans le champ de l'article L. 3315-4-1.
- Identifier et, quand c'est possible, réserver des places de pause sur les tournées régulières, pour éviter qu'un conducteur ne soit contraint de choisir entre dépasser son temps de conduite et s'arrêter dans un endroit inadapté. Notre article sur la pause obligatoire du chauffeur routier décrit ce que vivent les conducteurs lorsque ce point n'est pas anticipé, et notre guide sur le stationnement de nuit des poids lourds aborde la question pour le repos hebdomadaire. Au-delà du seul risque d'amende, c'est aussi un moyen de réduire le turnover en améliorant les conditions de pause de vos conducteurs.
- Documenter les contrôles internes réalisés sur les données tachygraphiques, pour pouvoir démontrer, en cas de contrôle, que l'entreprise a organisé le travail et surveillé son application.
Un repas et une pause trouvés sans détour, pour de vraies coupures
Une partie des dépassements de conduite constatés sur route tient à un problème très concret : le conducteur approche de sa limite de conduite sans savoir où s'arrêter pour sa pause ou son repas, et finit par rouler quelques minutes de trop en cherchant une place. Casse-Croûte permet aux chauffeurs de réserver une place de parking poids lourds chez un restaurant partenaire situé sur leur tournée, et de choisir leur plat à l'avance, pour que la coupure obligatoire devienne une vraie pause plutôt qu'un problème logistique de dernière minute.
Pour l'entreprise de transport, cela se traduit par un abonnement par camion, présenté sur la page transporteurs, avec les montants détaillés sur la page tarifs. Les questions courantes sur le fonctionnement, y compris la prise en charge des frais de non-présentation pour un salarié, sont répondues dans la FAQ.

Questions fréquentes
Quel est le montant de l'amende pour un léger dépassement du temps de conduite ?
Un dépassement qui reste dans les seuils de l'article R. 3315-10 du Code des transports est une contravention de 4e classe. L'amende forfaitaire est de 135 €, minorée à 90 € en cas de paiement rapide, et majorée à 375 € en l'absence de paiement dans les délais, selon la fiche service-public.fr F18509. Le plafond légal reste 750 € en application de l'article 131-13 du Code pénal.
Quelle est l'amende si le dépassement va au-delà des seuils de la 4e classe ?
Au-delà des seuils fixés par l'article R. 3315-10, l'infraction relève de la 5e classe (article R. 3315-11 du Code des transports). L'article 131-13 du Code pénal fixe le plafond de l'amende à 1 500 €, porté à 3 000 € en cas de récidive. Il n'existe pas de forfait propre à ces contraventions du Code des transports : seul le plafond légal est fixé par les textes consultés.
Qui paie l'amende : le conducteur ou l'entreprise de transport ?
Le conducteur est en principe sanctionné pour l'infraction qu'il commet au volant. Mais l'entreprise de transport peut elle aussi être poursuivie et sanctionnée, notamment lorsque l'infraction résulte de l'organisation du travail qu'elle impose : plannings intenables, rémunération au kilomètre, absence de contrôle des données du tachygraphe.
Pourquoi l'amende est-elle plus élevée pour une entreprise que pour un conducteur ?
L'article 131-41 du Code pénal prévoit que le taux maximum de l'amende applicable aux personnes morales est égal au quintuple de celui prévu pour les personnes physiques. Pour une contravention de 4e classe, le plafond passe ainsi de 750 € à 3 750 € ; pour une contravention de 5e classe, de 1 500 € à 7 500 €, et jusqu'à 15 000 € en cas de récidive.
Que risque-t-on en cas de falsification du chronotachygraphe ?
La falsification de documents ou de données électroniques, la fourniture de faux renseignements, ou l'emploi irrégulier d'un dispositif de contrôle relèvent de l'article L. 3315-4 du Code des transports : un an d'emprisonnement et 30 000 € d'amende. Une amende forfaitaire délictuelle existe aussi pour ce délit, avec un véhicule qui peut être immobilisé jusqu'à sa mise en conformité ou sa réparation.
Faire dormir un conducteur dans sa cabine pendant le repos hebdomadaire normal est-il sanctionné ?
Oui, à deux niveaux. L'article R. 3315-11 du Code des transports classe en contravention de 5e classe le fait de prendre le repos hebdomadaire normal à bord du véhicule, en violation de l'article L. 3313-3. En parallèle, lorsque l'employeur organise le travail sans veiller à ce que les conducteurs prennent ce repos hors du véhicule, l'article L. 3315-4-1 du Code des transports qualifie ce manquement de délit, puni d'un an d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende. La contravention et le délit ne se substituent pas l'un à l'autre : ils ciblent des faits et des responsabilités distincts.
Une amende pour dépassement du temps de conduite peut-elle entraîner l'immobilisation du véhicule ?
L'immobilisation n'est pas automatique pour un simple dépassement de seuil sanctionné en 4e ou 5e classe. Elle est en revanche prévue par l'article L. 3315-4 du Code des transports en cas de falsification ou d'emploi irrégulier d'un dispositif de contrôle : le véhicule peut alors être retiré de la circulation jusqu'à sa mise en conformité ou sa réparation.
Une amende forfaitaire de 4e classe peut-elle être contestée ?
Les amendes forfaitaires obéissent aux règles générales de contestation présentées par service-public.fr (fiche F18509) : paiement dans les délais pour bénéficier de la minoration, ou requête en exonération si le conducteur estime l'infraction non caractérisée. Passé le délai, l'amende est majorée de plein droit.
En résumé
- Un dépassement « dans les seuils » du temps de conduite ou de repos est une contravention de 4e classe (art. R. 3315-10) : amende forfaitaire de 135 € (90 € minorée, 375 € majorée), plafond légal 750 €.
- Au-delà des seuils, c'est une contravention de 5e classe (art. R. 3315-11), plafonnée à 1 500 € (3 000 € en récidive), sans forfait propre à cette infraction précise.
- Les manquements les plus formels (papier, feuilles souillées) relèvent de la 3e classe (art. R. 3315-9), forfait de 68 €.
- Pour une entreprise, ces plafonds sont multipliés par cinq (art. 131-41 du Code pénal) : jusqu'à 3 750 € en 4e classe, 7 500 € en 5e classe, 15 000 € en récidive.
- La falsification du tachygraphe (art. L. 3315-4) et certaines pratiques d'organisation du travail (art. L. 3315-4-1) sont des délits punis d'un an d'emprisonnement et 30 000 € d'amende, avec immobilisation possible du véhicule.
- La meilleure prévention reste une organisation du travail réaliste, un suivi régulier des données tachygraphiques, et des arrêts anticipés pour les pauses et les repos.
L'équipe Casse-Croûte
Questions fréquentes
Quel est le montant de l'amende pour un léger dépassement du temps de conduite ?
Un dépassement qui reste dans les seuils de l'article R. 3315-10 du Code des transports est une contravention de 4e classe. Selon la fiche service-public.fr F18509, l'amende forfaitaire est de 135 €, minorée à 90 € en cas de paiement rapide, et majorée à 375 € en l'absence de paiement dans les délais. Le plafond légal de la 4e classe reste 750 € en application de l'article 131-13 du Code pénal.
Quelle est l'amende si le dépassement va au-delà des seuils de la 4e classe ?
Au-delà des seuils fixés par l'article R. 3315-10, l'infraction relève de la 5e classe (article R. 3315-11 du Code des transports). L'article 131-13 du Code pénal fixe le plafond de l'amende à 1 500 €, porté à 3 000 € en cas de récidive. Il n'existe pas de forfait propre à ces contraventions du Code des transports : seul le plafond légal est fixé par les textes consultés.
Qui paie l'amende : le conducteur ou l'entreprise de transport ?
Le conducteur est en principe sanctionné pour l'infraction qu'il commet au volant. Mais l'entreprise de transport peut elle aussi être poursuivie et sanctionnée, notamment lorsque l'infraction résulte de l'organisation du travail qu'elle impose : plannings intenables, rémunération au kilomètre, absence de contrôle des données du tachygraphe.
Pourquoi l'amende est-elle plus élevée pour une entreprise que pour un conducteur ?
L'article 131-41 du Code pénal prévoit que le taux maximum de l'amende applicable aux personnes morales est égal au quintuple de celui prévu pour les personnes physiques. Pour une contravention de 4e classe, le plafond passe ainsi de 750 € à 3 750 € ; pour une contravention de 5e classe, de 1 500 € à 7 500 €, et jusqu'à 15 000 € en cas de récidive.
Que risque-t-on en cas de falsification du chronotachygraphe ?
La falsification de documents ou de données électroniques, la fourniture de faux renseignements, ou l'emploi irrégulier d'un dispositif de contrôle relèvent de l'article L. 3315-4 du Code des transports : un an d'emprisonnement et 30 000 € d'amende. Une amende forfaitaire délictuelle existe aussi pour ce délit, avec un véhicule qui peut être immobilisé jusqu'à sa mise en conformité ou sa réparation.
Faire dormir un conducteur dans sa cabine pendant le repos hebdomadaire normal est-il sanctionné ?
Oui, à deux niveaux. L'article R. 3315-11 du Code des transports classe en contravention de 5e classe le fait de prendre le repos hebdomadaire normal à bord du véhicule, en violation de l'article L. 3313-3. En parallèle, lorsque l'employeur organise le travail sans veiller à ce que les conducteurs prennent ce repos hors du véhicule, l'article L. 3315-4-1 du Code des transports qualifie ce manquement de délit, puni d'un an d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende. La contravention et le délit ne se substituent pas l'un à l'autre : ils ciblent des faits et des responsabilités distincts.
Une amende pour dépassement du temps de conduite peut-elle entraîner l'immobilisation du véhicule ?
L'immobilisation n'est pas automatique pour un simple dépassement de seuil sanctionné en 4e ou 5e classe. Elle est en revanche prévue par l'article L. 3315-4 du Code des transports en cas de falsification ou d'emploi irrégulier d'un dispositif de contrôle : le véhicule peut alors être retiré de la circulation jusqu'à sa mise en conformité ou sa réparation.
Une amende forfaitaire de 4e classe peut-elle être contestée ?
Les amendes forfaitaires obéissent aux règles générales de contestation présentées par service-public.fr (fiche F18509) : paiement dans les délais pour bénéficier de la minoration, ou requête en exonération si le conducteur estime l'infraction non caractérisée. Passé le délai, l'amende est majorée de plein droit.
Article rédigé par L'équipe Casse-Croûte. Les règles citées renvoient aux textes officiels ; en cas de doute, ce sont eux qui font foi.




